Je suis une junkie de shopping. Je ne m’étais jamais arrêtée à essayer de comprendre pourquoi, mais ça m’a pété dans la face la semaine passée.
J’ai beaucoup de mal à prendre du recul du travail; je m’en suis rendue compte parce que je suis allée magasiner 4 fois en 1 semaine. Ayoye. Le lèche-vitrine est mon cardio & ma thérapie, et semble-t-il que j’en avais beaucoup à évacuer cette semaine.
Cela va comme suit: Après une journée de marde au bureau, à 5h45 les bonnes journées ou je fini tôt, j’embarque dans la 80 du Parc qui m’enmène au centre-ville. Je m’invente un besoin qui recquiert un achat; un magazine, un livre, une paire de bobette…
Dès que je mets les pieds à destination, la tension descend. Ce qui est fantastique quand je magasine, seule évidemment, c’est que j’ai la crisse de paix. Je ne parle à personne (sauf un salut poli de la tête aux vendeuses) et je peux enfin me permettre d’avoir un air de boeuf’.
Quand ma tournée est terminée, je soupe au Commensal (ou je fais le plein de *yark* légumes pour la semaine), je lis une revue trash, je respire.
Puis je reviens à la maison. J’ouvre mon cellulaire. 42 000 messages. Je commence la ronde d’appels.
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Je passe mes semaines à m’occuper de gens qui en ont gros sur le coeur: la crackwhore, les revendeurs, les anciens gars de gang, les anxieux, les dépressifs, les toxicomanes, les boulimiques. Pour eux je suis un puits sans fond d’énergie, de sourire, d’encouragements.
Après une journée à faire l’éponge, je me sens laide, vide, débile, désarmée. Je suis très mauvaise pour reconnaître mes propres limites, mon trop plein. Je viens juste de trouver la corrélation positive shopping-écoeurantite.
C’est peut-être une façon d’évacuer malsaine, mais à date c’est la seule qui marche ; aller être personne au milieu de la foule, regarder plein de produits, bébelles et vêtements dont je n’ai pas de besoin…
Donc si vous croisez une fille full-frue les soirs de semaine au Holt Renfrew, c’est moi.