Détrompez-vous, bande de jugeurs & jugeresses: bien que je sois la fille la plus girly lorsque vient le temps d’angoisser sur les choses primordiales telles le linge et le maquillage, je suis activement contre le confinement de la femme à son rôle traditionnel, qui finalement consiste en: attendre, faire à manger et faire des bébés. C’est pourquoi je n’attends après personne pour vivre et m’endetter, je refuse de faire à manger, je ne veux pas de bébés avant ouf, 35 ans… Et si le père pouvait demeurer à la maison et les porter, ça serait l’idéal. (D’ailleurs, j’ai la ferme intention que mes enfants, si j’en ai, portent mon nom de famille et ainsi créer une dynastie Escobar.)
Je crois fermement que les femmes sont capables et devraient faire tout, et je dis bien tout, ce que les hommes font. Et cela ne veut pas nécessairement dire: avoir une carrière formidable ainsi qu’une famille ainsi qu’un mariage ainsi qu’un abonnement au gym, etc. Je trouve que c’est la moindre des choses que dans le pays dans lequel nous vivons, avec la chance que nous avons, que les femmes aient accès à tout ça. Or, je crois que le paradygme de la performance à tout prix n’est qu’un autre carcan pour confiner les femmes à leurs rôles traditionnels, salaire et cours de yoga en plus.
Je réclame le droit d’être immature, égoïste, indépendante financièrement, riche, de sacrer, de boire, de parler fort, d’être vulgaire, de ne jamais me laisser marcher sur les pieds, de me fâcher, d’exprimer mes opinions, d’être recklessly ambitieuse, de me laisser traîner, de toute sacrer là, de pas faire la cuisine, de savoir ce que je veux et surtout ce que je veux pas, d’écouter le sport, de faire des arts martiaux, d’être chiante, etc. Je réclame tout ça, et bien plus encore.
Je ne suis pas en train de dire que les hommes sont comme-ci, ou encore comme-ça. Ça serait une affreuse généralisation boiteuse. Par contre, j’en ai marre que dès que je, ou qu’une consoeur, fasse l’une des choses sus-mentionnée, qu’on me dise, genre “Tu te laisse donc ben trainer, pour une fille”. “T’es donc ben ambitieuse, pour une fille”. Ou encore: “C’est pas beau une fille qui sacre”. C’est le pour une fille qui me tue. Les défauts de personnalité, de même que les qualités, il va sans dire, n’ont ni sexe, ni âge, ni rien. Une fille qui sacre, c’est aussi laid qu’un gars qui sacre. Mais si tu veux avoir l’air d’une charretière et sacrer en toute connaissance de cause, you go girl!
Je veux tout, et encore plus. Mais ce que je veux surtout, c’est pouvoir traiter un con de con, une conne de conne, sans me faire dire que je suis sexiste, ou castratrice, ou féministe frustrée et que sais-je d’autre.
Combien, ô combien de fois me suis-je fait dire par des collègues masculins: “Tu fais peur quand t’as ce discours là” ou encore “Tu vas jamais te trouver de chum si tu penses de même”. Ouch. Futurs prospects, HdMV si seulement tu me lisais, je répond ceci: Si je vous fais peur en tenant un discours qui n’est, finalement, que foncièrement pour l’égalité des sexes en tous points, ben je donne pas cher de votre virilité.
Aux masculinistes, au frustrés, aux couillons qui se sentent confus, qui ne savent plus comment définir leurs rôles d’hommes, qui se sentent bafoués devant la perte de leurs repères dans cette société toujours changeante et bla bla bla… : Se sentir menacé par l’ambition des autres, c’est lâche. Se sentir perdu devant la perte de “repères” qui confinaient les femmes à un rôle inférieur, c’est rétrograde et carrément moumoune.
J’ai dit.
Quant à l’élément déclencheur de cette tirade: m’être fait dire, à l’épicerie of all places, en contemplant les cannes de pois: “Vous en avez dedans, ma tite mademoiselle. Vous savez ce que vous voulez, c’est bon ça, pour une femme“. Oui, c’est cité hors contexte, mais ai-je vraiment besoin d’un contexte quand j’entends des affaires de même?!